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Sans pesticides de synthèse : une augmentation des besoins en énergie fossile

Renoncer aux pesticides de synthèse provoque une augmentation du recours
à l’énergie fossile ?

FAUX

D’une manière globale, il n’a pas été constaté une véritable augmentation de l’utilisation d’énergie fossile en supprimant les pesticides de synthèse. Dans certaines cultures, certes, on recourt à davantage de passages de machines, mais dans d’autres cas, le nombre de passages diminue et les interventions effectuées demandent moins d’énergie. De plus, l’argument du recours à davantage d’énergie fossile est un faux reproche, car il ne tient pas compte de l’énergie grise nécessaire pour fabriquer les intrants utilisés en agriculture conventionnelle, en particulier les engrais azotés. 

La recherche agronomique a démontré que la consommation de carburant pour les travaux agricoles est très marginale par rapport aux besoins énergétiques totaux des cultures.

Nombre de passages de machines

Lors d’une reconversion à l’agriculture biologique, le nombre de passages de machines évolue de la manière suivante :

  • cultures spéciales (vigne, arboriculture…) : augmentation pour les traitements de produits phytosanitaires, sauf pour les variétés résistantes aux maladies où il y a une diminution du nombre de passages
  • grandes cultures : forte diminution pour les traitements de produits phytosanitaires
  • toutes cultures : augmentation pour le désherbage mécanique et le travail du sol. Toutefois, cette augmentation a lieu seulement en comparaison avec une agriculture conventionnelle très classique, qui mise sur un recours important aux herbicides. Car aujourd’hui, même en agriculture conventionnelle, on tente de diminuer le recours aux herbicides, ce qui en contrepartie augmente les interventions mécaniques.

Le renoncement aux produits phytosanitaires de synthèse ne provoque donc pas d’augmentation notable et généralisée du nombre de passages de machines.

Le nombre de passages pour le travail du sol et pour le désherbage mécanique en agriculture biologique est plus élevé qu’en agriculture conventionnelle,   mais seulement en comparaison avec une agriculture conventionnelle très classique, qui mise sur un recours important aux herbicides. Car aujourd’hui, même en agriculture conventionnelle, on tente de diminuer le recours aux herbicides et donc on augmente les interventions mécaniques.

Tenir compte de l’énergie grise

L’argument de l’augmentation du recours à davantage d’’énergie fossile est faux, parce qu’il ne tient pas compte de l’énergie grise pour fabriquer les intrants utilisés en agriculture conventionnelle, en particulier les engrais chimiques. Or la fabrication d’engrais chimiques, spécialement les engrais azotés de synthèse, nécessite, des quantités énormes d’énergie. L’essai de longue durée DOC (voir graphique ci-dessous), qui concerne une rotation culturale comprenant des grandes cultures et des prairies temporaires, le montre bien.

Un renoncement aux pesticides de synthèse tout en continuant de produire en agriculture conventionnelle, avec le recours aux engrais chimiques, n’apporte pas de diminution notable de la consommation d’énergie. Par contre, un renoncement aux pesticides de synthèse qui s’inscrit dans une démarche de reconversion au bio, avec la suppression des engrais chimiques, provoque une forte diminution de la consommation d’énergie.

Cette conclusion concerne avant tout les grandes cultures et les prairies temporaires (voir le graphique qui suit concernant l’essai DOC). Un calcul exact pour les cultures spéciales (vigne, arboriculture, …) fait défaut pour l’instant.

Ökobilanzierung-DOK-Versuch  (FAL 58 en allemand)

Consommation d’énergie par ha et par kg de matière sèche (MS) dans l’essai DOC (1985-1998)

Procédés :
D = biologique-dynamique
O = biologique-organique
C = conventionnel
M = conventionnel uniquement avec fumure minérale.

Travail classique et travail superficiel du sol

Les facteurs autres que le recours aux engrais chimiques (semis, soins aux cultures, carburants…) comptent beaucoup moins dans le bilan énergétique. Toutefois, le travail du sol (en bleu, tout en bas du graphique ci-dessus concernant l’essai DOC) a bien sûr une certaine importance dans la consommation d’énergie. Dans l’essai DOC, c’est effectivement un travail du sol classique (labour à environ 25 cm de profondeur et recours à d’autres machines de travail du sol) qui a été effectué dans tous les procédés d’essai.

Or, en renonçant au travail du sol classique, qui est énergivore, et en le remplaçant par un travail réduit du sol, on augmente le nombre d’interventions, mais on diminue la consommation de carburant, parce que les machines travaillent très superficiellement et demandent peu de force de traction. Dans un suivi de 9 essais pratiques réalisés en Suisse de 2009 à 2011, le FiBL avait constaté qu’en substituant un travail du sol classique (à 25 cm de profondeur) par un travail réduit du sol (à 10 cm de profondeur), le nombre de passages de machines avait augmenté de 50 %, mais la consommation totale en énergie avait diminué de 16 % et l’émission de gaz à effet de serre avait baissé de 14 %.

Toujours plus de travail réduit du sol en bio.
Semis direct de blé en bio dans un couvert à Genève