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Le Glyphosate est un des herbicides les moins dangereux qui existe

Le Glyphosate est un des herbicides les moins dangereux qui existe ?

FAUX

Les effets sur la santé et sur l’environnement du Glyphosate font l’objet de centaines d’études et contre-études. Les soupçons sur sa toxicité, ses effets cancérigènes et sa rémanence dans la nature sont suffisamment concrets pour que l’on ne l’utilise plus (au nom du principe de précaution).

Effets sur la santé : un chassé-croisé d’études, d’avis officiels et d’informations inquiétantes

Au début de l’utilisation du Glyphosate il y a environ 40 ans, il était effectivement affirmé que ce produit phytosanitaire était un des plus inoffensifs que l’industrie chimique ait jamais développé.

Puis au cours des décennies, des milliers d’études ont été effectuées sur la dangerosité du Glyphosate pour la santé humaine ; la confusion et le doute ont commencé à s’installer. A l’heure actuelle, les scientifiques ne sont pas d’accord sur la question, et le débat est fortement politisé.

Des études récentes attestent de la présence de Glyphosate dans les urines des consommateurs et dans des aliments

« En mars 2015, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) classe le glyphosate dans la catégorie 2 des «cancérogènes probables». L’expertise de l’OMS se base sur un millier d’études. En décembre 2015, l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) juge «improbable» que le glyphosate soit cancérogène, se basant sur les données publiées en 2014 par l’Institut allemand d’évaluation des risques. Les divergences avec l’OMS s’expliqueraient par le fait que cette dernière ne distingue pas le glyphosate pur de ses formulations contenant des additifs, ce que le groupe d’experts de l’OMS réfute. »

Autant l’OMS que l’EFSA «ont pris en compte des études non publiques réalisées par l’industrie, un choix qui éveille la méfiance. Le débat s’envenime lorsque l’EFSA est accusée d’avoir fait un copier-coller des passages d’un rapport de Monsanto. L’EFSA réplique en explicitant sa méthode, alors que les ONG augmentent encore la pression. En novembre 2017, l’Union Européenne prolonge dans une ambiance survoltée l’autorisation de la substance pour cinq ans. »

Selon le professeur A. Safer, le Glyphosate a les effets négatifs suivants sur la santé : troubles de la fertilité, maladies métaboliques (intestin, foie, reins, diabète, système nerveux…) et induction de la résistance aux antibiotiques. Dans les produits commerciaux, les adjuvants au glyphosate sont sur certains aspects plus toxiques que le glyphosate lui-même. Enfin, Monsanto a manipulé les études sur le glyphosate, trompé les consommateurs et minimisé les dommages.

Pesticides et maladies neurologiques (Anton Safer, Université de Heidelberg, 2020).

Des études récentes attestent de la présence de Glyphosate dans les urines des consommateurs et dans des aliments

A. Safer : Le Glyphosate a un effet négatif sur l’intestin et le système nerveux

Effets sur l’environnement

On a retrouvé du Glyphosate également dans l’environnement, en particulier dans les eaux de surface, parfois en concentrations excessives. On a également retrouvé dans les eaux un produit de dégradation du glyphosate, l’acide méthylphosphonique (AMPA), qui ne se dégrade pas bien.

État des cours d’eau, des lacs et des eaux souterraines – 2015 et 2016.
Dossier Office des eaux et des déchets du canton de Berne (OED).

Effet sur les sols

Concernant la dangerosité du Glyphosate sur les sols, on peut citer le cas des vignobles et cultures fruitières, sur lesquels ce produit est souvent utilisé depuis des décennies pour maintenir le rang libre de végétation. Le sol ainsi traité se dégrade, il perd de l’humus, il n’a plus la vie biologique que l’on attend de lui, et des plantes importantes pour le maintien de la biodiversité sont détruites par le glyphosate. Ces effets négatifs concernent également les autres herbicides utilisés dans le même objectif.

Vigne avec traitement au Glyphosate sous le rang (2020)

Interdictions et restrictions : allers – retours inquiétants

Décembre 2017 : malgré une grande polémique, l’Union européenne renouvelle l’autorisation du glyphosate pour une période de cinq ans.

Avril 2019 : le Vietnam interdit le Glyphosate, invoquant sa toxicité, son impact sur l’environnement et la santé. Le pays est déjà engagé dans une bataille contre Monsanto pour l’indemnisation des victimes de l’« agent orange » (lors de la guerre du Vietnam).

Juillet 2019 :  l’Autriche devient le premier pays européen à interdire le Glyphosate, en vertu du principe de précaution.

Septembre 2019 : l’Allemagne a annoncé qu’elle interdirait le Glyphosate à partir de 2023, même si l’UE renouvelait l’autorisation de cette substance.

Octobre 2019 : la Thaïlande interdit le Glyphosate, invoquant sa “toxicité”. Mais sous la forte pression des responsables américains, le gouvernement thaïlandais est revenu sur l’interdiction prévue du glyphosate en novembre 2019

Décembre 2019, le gouvernement autrichien annonce que l’interdiction du Glyphosate ne serait pas appliquée, évitant ainsi un conflit avec la Commission européenne sur un aspect procédural (l’absence de notification de la mesure à la Commission européenne)

Le Luxembourg sera le premier pays de l’UE à interdire le Glyphosate fin 2020 où près de 60 % des exploitations agricoles ont déjà renoncé au Glyphosate fin 2019.

Janvier 2021 : Le Mexique a interdit le Glyphosate.

Aux USA, où le produit est largement utilisé, des associations d’agriculteurs et l’industrie chimique militent pour que le Glyphosate, continue à être utilisé dans le pays. Plus de 18’000 procédures sont en cours aux Etats-Unis. Les plaignants l’accusant d’être la cause de leur cancer. Le groupe Bayer a déjà perdu plusieurs procès.

L’Argentine malade du Glyphosate
Emission France 2

En quoi le Glyphosate pose-t’il problème ?

Principe de précaution

Le débat sur le Glyphosate est complexe par nature ; les médias alertent parfois sur le risque que ce débat soit faussé par des manipulations scientifiques, des pratiques relevant de la désinformation et des soupçons de corruption.

Le groupe de travail qui a rédigé ce dossier n’inclut pas de scientifiques travaillant sur la question, il serait donc absurde qu’il prenne position pour ou contre la dangerosité du Glyphosate. Par contre, face à la confusion actuelle et à l’accumulation de soupçons concernant ce produit, le principe de précaution l’incite à dire qu’il vaut mieux s’en passer. Il faut également faire référence à d’autres produits phytosanitaires de synthèse qui ont été utilisés pendant trop de temps pour être finalement interdits, malgré les forts soupçons qui pesaient sur eux depuis longtemps : le DDT, l’Atrazine,  le Chlorothalonil…