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Sans Glyphosate une dégradation des sols

Sans Glyphosate : Une dégradation des sols ?

(en raison de la diminution des semis directs et de l’augmentation du travail du sol)

FAUX

C’est un raccourci trop simpliste. En effet, une combinaison réfléchie  d’un ensemble de bonnes techniques culturales permet le maintien de la fertilité des sols. Il faut donc réfléchir de manière beaucoup plus globale.

Si certaines tendances sont en faveur du semis direct, il est dangereux de considérer cette pratique comme un remède miracle

Selon P. Boivin : « Une interdiction du Glyphosate provoquerait bien sûr un retour à davantage de travail mécanique du sol avant les semis. Toutefois, «on peut avoir un sol de bonne, respectivement mauvaise qualité (…) quel que soit la technique de travail. Par conséquent, aucun dogmatisme n’est de mise, c’est la maîtrise technique qui compte avant tout. Si les tendances sont en faveur du semis direct, il est dangereux de considérer cette pratique comme un remède miracle, car de nombreuses erreurs peuvent se produire qui annihilent les effets positifs. De même, il est inepte de condamner le labour, et bien plus intéressant de se pencher sur les cas, certes moins fréquents mais non exceptionnels, de sols labourés très bien gérés.»

Une combinaison intelligente de toutes sortes de techniques de travail du sol permet de maintenir son sol en bon état et d’y conserver la matière organique, même si on recourt de temps à autre au labour, essentiellement pour éliminer les mauvaises herbes.

Les apports de matière organique doivent être suffisants et de bonne qualité : engrais de ferme, compost, résidus de culture, apports de matière organique par la prairie temporaire, les engrais verts … .

Par contre, le travail du sol régule la répartition de la matière organique dans le profil. Un semis direct, ainsi qu’un travail très réduit du sol, permettent de concentrer la matière organique en surface, ce qui constitue une protection efficace contre les aléas climatiques en particulier (par exemple fortes pluies provoquant de l’érosion).

La prairie temporaire (PT) permet de maintenir ou d’améliorer la fertilité et la structure du sol. Le cahier des charges de l’agriculture biologique de Bio Suisse exige une part de 20% de prairies temporaires dans la rotation des cultures, même pour les fermes sans bétail.

Pour qu’un sol conserve (ou retrouve) sa fertilité, le Glyphosate n’est pas la solution. Il faut recourir à de judicieuses combinaisons de bonnes pratiques agricoles pour y arriver

Dans une rotation de cultures, la prairie temporaire est un élément déterminant du maintien de la fertilité des sols

Résultats d’un essai de longue durée du FiBL sur le travail réduit du sol en conditions biologiques

Dans l’essai de longue durée de Frick, sur un sol très argileux, commencé en 2002, deux procédés de travail du sol sont comparés : le procédé « travail réduit du sol » (à max.10 cm de profondeur) et le procédé « labour » (à 20 cm de profondeur) ».

En 2017, il y avait, dans le procédé « travail réduit » en comparaison du procédé « labour » :

  • 25 % d’humus en plus dans la couche supérieure du sol (= dans les premiers 10 cm)
  • autant d’humus dans les couches inférieures
  • une meilleure levée des cultures grâce à l’augmentation de la teneur en humus
  • une biomasse de vers de terre et microorganismes bien supérieure ;
  • une pression des mauvaises herbes plus élevée
  • des rendements variant davantage et en moyenne légèrement inférieurs.

Un élément important de l’augmentation des paramètres de fertilité du sol grâce au travail réduit du sol est le recours à du compost de fumier.

Une durée d’essais de 15 ou 20 ans est considérée comme insuffisante pour se faire un jugement définitif sur le travail réduit du sol. Il faut continuer les essais dans la durée et sur différents sites, et continuer d’optimiser les techniques culturales en lien avec le travail réduit du sol. Les difficultés que le travail réduit du sol provoquent à court terme ne doivent donc pas déjà être considérées comme définitives.

A cet effet, le FiBL conduit aussi un autre essai de longue durée (au Schlatthof, près de Aesch BL, sur un sol plus léger) et des essais pratiques chez les agriculteurs.

Il est formulé l’hypothèse que les effets positifs du travail réduit du sol (si ses effets négatifs peuvent être minimisés) seront décisifs dans le contexte du réchauffement climatique.

En résumé, il est considéré qu’au vu des connaissances actuelles, le travail réduit du sol est adapté aux exploitations agricoles bio pratiquant des rotations culturales simples, bénéficiant de conditions du sol favorables et fonctionne plutôt bien dans les régions sèches.

De la ténacité pour les sols vivants (Krauss M, FiBL, 2021) Bio actualités 2/2021

Moins, c’est plus. Essais de culture bio sans labour (Krauss M. et al, FiBL, 2020). Rapport d’activités du FiBL, 2019/2020, p. 15 à 16.