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La qualité de l’eau est excellente

En Suisse, la qualité de l’eau potable est excellente. Elle n’est pas menacée par l’usage de produits phytosanitaires de synthèse ?

La majorité de l’eau potable consommée en Suisse est conforme aux normes légales. Cela ne veut pas dire qu’elle est de bonne qualité et sans danger pour la santé de la population, car cette eau potable contient entre autre une foule de produits de dégradation des produits phytosanitaires de synthèse, pour lesquels aucune valeur limite n’a été fixé à ce jour.
Le message global donné par les autorités est rassurant, mais en contradiction avec la réalité des faits.

FAUX

Informations des chimistes cantonaux, septembre 2019

Il y a encore une année ou deux, des informations très rassurantes sur la qualité de l’eau potable en Suisse étaient encore diffusées par la presse.

Par exemple, en septembre 2019, les chimistes cantonaux déclaraient que « l’eau potable en Suisse est généralement de bonne qualité ». Selon leurs estimations, environ 97 % de la population consommait de l’eau potable de bonne qualité, à savoir contenant moins que la limite légale de 0,1 microgramme de pesticides par litre.

Ils ont toutefois constaté la présence des pesticides suivants dans environ 30 échantillons d’eau sur les 300 échantillons analysés : l’atrazine (herbicide interdit depuis 2012) et le chlorothalonil. Pour le chlorothalonil, 12 échantillons les contenaient en concentrations dépassant la limite légale. Ces 12 échantillons d’eau concernaient une population d’environ 170 000 personnes.

Ils ont aussi constaté que des résidus de pesticides divers étaient mesurables dans plus de la moitié des échantillons mais au-dessous de la limite légale.

Ils ont aussi décelé cinq produits de dégradation de pesticides présents dans l’eau à plus qu’un microgramme par litre, mais pour lesquels aucune valeur maximale n’a été fixée. Ce sont 386 000 personnes ou 6 % de la population suisse qui boivent cette eau.

En particulier, un herbicide pour la culture de la betterave avait été trouvé dans certains échantillons. Il s’agissait d’un herbicide qui se dégrade très lentement. Mais comme aucune valeur limite n’est fixée pour ce produit, aucune norme n’est violée.

Le rapport des chimistes cantonaux traitait également le problème des nitrates dans l’eau et constate quelques dépassements des normes légales.

Produits phytosanitaires dans l’eau potable : Rapport de la campagne
(Association des chimistes cantonaux de Suisse, 2019)

Commentaire de ces informations

Le rapport des chimistes cantonaux donne un message global très rassurant (97 % de la population boit de l’eau de bonne qualité). Ce message global est très étonnant, si on tient compte de tous les problèmes non résolus mentionnés dans le rapport, en particulier celui de pesticides et de leurs produits de dégradation pour lesquels aucune valeur limite n’est fixée. L’eau potable bue par la majorité de la population est donc de très bonne qualité ? …, mais uniquement sur le plan juridique, pas dans la réalité !

Les communiqués les plus récents des autorités donnent l’impression d’être plus alarmants que celui de septembre 2019, par exemple le communiqué de l’OFEV en 2020.

Seulement des pesticides de synthèse dans les eaux

Les matières actives qui sont trouvées dans les cours d’eau et les eaux souterraines sont des produits phytosanitaires de synthèse et leurs métabolites (= les produits de dégradation des pesticides) et non pas des pesticides naturels et leurs métabolites.

Ce sont des substances étrangères à la nature, souvent difficilement biodégradables, facilement déplacées, et qui peuvent se retrouver en fin de compte dans les denrées alimentaires sous forme de «cocktails de résidus». Les effets de ces «cocktails de plusieurs résidus» ne sont ni étudiés lors des procédures d’autorisation ni soumis à une évaluation des risques.

On n’a pas trouvé de matières actives utilisées en agriculture biologique dans les cours d’eau. Il y a une seule exception connue, à savoir le cuivre.

Une exception : le cuivre

Le cuivre est le seul produit naturel qui a été retrouvé dans les cours d’eaux. Il s’agit particulièrement de cuivre utilisé en arboriculture et en viticulture, comme une étude de 2008 du Canton de Genève le montre, ainsi que de cuivre issus de sources extra agricoles. L’amélioration des techniques de pulvérisation et l’instauration de bandes-tampon plus étendues le long des cours d’eaux a certainement amélioré la situation depuis 2008. Seules des études plus récentes pourraient toutefois l’attester.

“Beaucoup de produits phytosanitaires utilisés dans l’agriculture polluent les cours d’eau et persistent dans le sol.”
Extrait rdu apport EAWAG 2017

Un exemple : le Chlorothalonil

L’entreprise publique bernoise « Seeländische Wasserversorgung (SWG) », qui fournit l’eau potable aux communes de la région du Seeland, alerte sur la gravité de la situation. Prenons l’exemple du fongicide Chlorothalonil, qui était utilisé depuis les années 1970. Il était considéré comme non problématique et n’était jusqu’à peu pas analysé dans l’eau. Il a été classé comme « potentiellement dangereux pour la santé » en janvier 2019, son utilisation a été interdite et sa teneur maximale tolérable dans l’eau potable a été revue à la baisse. En conséquence, des sources d’eau qui étaient jusqu’alors conformes aux normes ne le sont plus, ce qui pose la SWG devant un casse-tête pour résoudre le problème : abandon de sources et captages d’autres sources conformes aux nouvelles normes.

Les fournisseurs d’eau potable doivent s’adapter sans cesse à la réévaluation des dangers des produits phytosanitaires et à l’introduction de nouvelles normes, cela les mets devant des situations très difficiles à résoudre et provoque une augmentation incessante des coûts. C’est pourquoi la SWG demande que l’homologation des produits phytosanitaires de synthèse devienne beaucoup plus sévère, restrictive, et que l’agriculture se dirige vers une suppression de ces produits.

Dans le canton de Fribourg, la présence de métabolites du chlorothalonil touche principalement les régions de la Broye, du Lac, de la Singine, de la Sarine et le sud de la Glâne. Une situation préoccupante.

Des courts-circuits hydrauliques augmentent la pollution due aux pesticides

Une grande quantité d’eau s’écoule des champs directement dans les cours d’eau en empruntant des bouches d’égout et autres systèmes de drainage artificiels (voir la photo). Des pesticides sont rejetés dans les cours d’eau et les plans d’eau à la suite de ces courts-circuits – selon une nouvelle étude, en quantités beaucoup plus grandes qu’on ne le supposait jusqu’ici.

Ce problème est connu depuis de décennies. Jusqu’à aujourd’hui, très peu de démarches ont été entreprises pour le résoudre.

Novembre 2020 : le champ a été labouré jusqu’au bord du regard puis semé avec du blé. De la terre (qui peut contenir des produits phytosanitaires) est tombée dans le regard. Lors des traitements chimiques au printemps 2021, les produits phytosanitaires seront directement projetés dans le regard et donc dans le ruisseau.

Teneur en pesticides dans les sols

La législation ne définit pas de limites pour les résidus dans les sols, alors qu’elle le fait pour l’eau potable.

Or les sols contiennent des résidus de produits phytosanitaires de synthèse. C’est ce qui ressort d’une étude d’Agroscope sur 100 parcelles de grandes cultures et de cultures maraîchères, dont 40 sols bio.

« Les chercheurs ont également trouvé des résidus de seize substances actives différentes dans des sols qui étaient exploités selon les règles de l’agriculture biologique depuis plus de 20 ans. Ces résidus proviennent soit de l’époque où de tels pesticides étaient encore appliqués sur la parcelle en question, soit ils ont été véhiculés par le vent ou l’eau depuis les parcelles voisines. »

Une grande quantité d’eau s’écoule des champs directement dans les cours d’eau en empruntant des bouches d’égout et autres systèmes de drainage artificiels (voir la photo). Des pesticides sont rejetés dans les cours d’eau et les plans d’eau à la suite de ces courts-circuits – selon une nouvelle étude, en quantités beaucoup plus grandes qu’on ne le supposait jusqu’ici.

Ce problème est connu depuis de décennies. Jusqu’à aujourd’hui, très peu de démarches ont été entreprises pour le résoudre.