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En PI traitement chimique que si nécessaire

Les produits de traitement chimiques sont-ils utilisés seulement si cela est strictement nécessaire ?

Le « strictement nécessaire » est une notion de seuil économique, entre les coûts du traitement et les dégâts estimés sur la récolte. Il ne tient pas compte du risque d’atteinte à la santé ou à l’environnement. Dans de nombreuses cultures, les traitements se font de manière systématique et préventive. Certaines interventions sont inutiles.

Le « strictement nécessaire », une notion pas claire et pas toujours appliquée

Il est vrai que dans de nombreux cas, les traitements avec les produits phytosanitaires interviennent seulement si le seuil d’intervention* contre les organismes nuisibles (maladies, ravageurs, mauvaises herbes…) est atteint.

Il faut également constater qu’une partie des agriculteurs ne font pas les comptages en question.

Le « strictement nécessaire » s’appuie sur la notion de seuil de tolérance ou seuil d’intervention.

*Le seuil d’intervention correspond au niveau de densité de population d’un ravageur ou d’une maladie auquel un traitement avec un produit phytosanitaire présente un intérêt économique, c’est-à-dire auquel le coût du traitement devient inférieur au coût des dégâts estimés sur la récolte. Par exemple, pour le puceron noir de très jeunes plantes de betterave (quand elles ont 4 feuilles), si plus de 50 % des plantes ont des pucerons, il est estimé que le seuil d’intervention est atteint. Il s’agit donc d’un seuil économique d’intervention et non pas d’un seuil qui tient compte prioritairement du risque d’atteintes à l’environnement ou à la santé.

Il est impossible de définir scientifiquement dans quels cas une intervention avec des produits phytosanitaires est « strictement nécessaire ». Cette notion est donc subjective, même si des techniciens et des praticiens tentent avec beaucoup d’honnêteté de la préciser. Qu’est-ce qui est donc « strictement nécessaire » ? Les avis divergent inévitablement à ce sujet.

Le « strictement nécessaire » fait partie des fondements de la production intégrée depuis ses débuts, il y a environ 60 ans. La production intégrée a toujours tenté de n’intervenir avec des produits phytosanitaires que si cela est strictement nécessaire, et de faire évoluer ses pratiques en la matière en fonction des avancées agronomiques. L’introduction, en Suisse, des directives appelées « Prestations écologiques requises » ou PER dans les années 1990 a toutefois freiné cet élan, car le respect de ces directives, qui donne droit aux paiements directs, représente une codification minimale de la production intégrée qui est devenue relativement rigide et n’évoluant plus beaucoup. Presque tous les agriculteurs qui ne pratiquent pas la production biologique adhèrent aux directives PER.

Dans le concept de la production intégrée (PI), des fenêtres de traitement devraient être installées, pour décider si le traitement était nécessaire ou pas, et pour mieux savoir que faire la prochaine fois. Ces fenêtres ne sont pratiquement jamais mises en place à l’heure actuelle.

Dans certaines cultures, on réalise les traitements de manière préventive et systématique. C’est le cas en viticulture, pour la lutte contre le mildiou et l’oïdium. Le seuil d’intervention n’y est pas appliqué. Il n’y a pas de limites ni sur le nombre de traitements, ni sur le nombre de matières actives utilisées ou leur quantité, sauf pour le cuivre pour lequel il y une limitation annuelle d’utilisation. Certains vignerons suivent à la lettre le programme de traitement de leur vendeur sans réflexion, et ne traitent pas seulement « quand c’est strictement nécessaire ».

Exemple d’une intervention inutile

En agriculture conventionnelle/PER, il y a à l’heure actuelle des interventions qui ne sont pas ou plus « strictement nécessaires. Par exemple, une destruction de prairie temporaire avec l’herbicide « Glyphosate » et avant le semis d’une culture ne fait pas de sens. En effet, ces dernières années, les praticiens et les agronomes ont mis au point des techniques de destruction des prairies avec des interventions mécaniques très superficielles qui fonctionnent très bien. Cela était impensable il y a 10 ou 15 ans encore, mais c’est devenu sans autre réaliste aujourd’hui.

Film FiBL (Thomas Alföldi et Nataniel Schmid)

A gauche, destruction au Glyphosate d’une prairie temporaire en septembre 2020.

Sur le champ traité au glyphosate en septembre 2020, un travail du sol a eu lieu en octobre avant le semis du blé.
Le traitement au Glyphosate était ici inutile

Les herbicides sur les alpages sont inutiles et contreproductifs

Pendant des siècles, les plantes à problèmes des pâturages et des prairies alpines ont été contrôlées sans produits chimiques. L’Ordonnance sur les paiements directs stipule que les « plantes à problèmes » sur les alpages doivent être combattues. C’est pourquoi on a utilisé davantage d’herbicides sur les pâturages alpestres ces dernières années.

Parmi les plantes à contrôler sur les alpages, il y a de nombreuses plantes toxiques (fougère, vérâtre blanc, séneçon des Alpes, aconit napel) et aussi des plantes non toxiques comme le rumex des Alpes.

Après la pulvérisation d’un herbicide, les nids des plantes à problèmes doivent être clôturés si le reste de la surface doit être pâturée. Si des plantes individuelles ont été pulvérisées, un délai d’attente doit être observé. Pendant cette période, la surface ne doit pas être pâturée. (2 semaines pour les animaux non allaitants et de 3 semaines pour les animaux allaitants). Au lieu d’installer une clôture, on peut couper et évacuer les plantes toxiques quelques jours après la pulvérisation.

Les plantes toxiques sont évitées par le bétail. Mais lorsqu’elles sont traitées avec un herbicide, elles se flétrissent et deviennent salées. Et elles deviennent appétissantes et sont mangées par le bétail et la faune sauvage. Les animaux sauvages et les animaux d’élevage, en particulier les jeunes, peuvent alors tomber malades ou mourir à cause de l’herbicide et/ou du poison naturel des plantes. Le délai d’attente ne sert à rien, car il est trop court.

Les herbicides sont également dangereux pour les animaux sauvages qui paissent dans les pâturages alpestres. Et les abris et les lieux de reproduction d’oiseaux et de petits animaux, ainsi que la base alimentaire de chenilles et d’oiseaux, sont détruits.

Les herbicides peuvent également poser des problèmes au personnel qui les épand. Si des herbicides sont appliqués par du personnel non formé, ce qui arrive de temps en temps sur les alpages, c’est particulièrement dangereux pour eux ; cette application nécessiterait une surveillance intensive par une personne formée à cet effet.

Avec le même effort que pour l’application d’herbicides (et pour la clôture ou l’évacuation des plantes pulvérisées), les plantes à problèmes peuvent être coupées avant la floraison ou bien arrachées). Les connaissances en la matière existent encore, et grâce aux systèmes de clôtures modernes, il est aujourd’hui beaucoup plus facile de faire pâturer les animaux de manière ciblée. Les nids de rumex, par exemple, peuvent être soustraits momentanément à la pâture ou au contraire être pâturés pour une courte période. Les rumex des Alpes peuvent ainsi être largement combattus en peu de temps avec une bonne gestion. Il en va de même pour de nombreuses autres « plantes à problèmes » telles que les fougères et la menthe à longues feuilles. La « formule magique » pour cela s’appelle 3 x 3 : couper le plus bas possible les plantes à problèmes 3 fois par an pendant 3 ans.

D’autre part, les moutons et les chèvres sont, dans une certaine mesure, résistants aux poisons naturels contenus dans le séneçon et le vérâtre, et sont donc de plus en plus utilisés pour lutter contre les plantes à problèmes, notamment l’envahissement des pâturages par les buissons.

Les expériences faites sur les alpages biologiques, sur lesquels les herbicides ne sont pas autorisés, montrent que les herbicides ne sont absolument pas nécessaires. Il existe également des alpages conventionnels où les herbicides ne sont pas utilisés. Des bénévoles, des amis de la nature, des stagiaires, des membres de la défense civile, sont heureux d’aider aux travaux lorsque les herbicides ne sont pas utilisés.

Une raison souvent invoquée pour l’utilisation d’herbicides est la suivante : il faut que « l’ordre » règne sur les pâturages et qu’il n’y ait pas de réduction des paiements directs. Mais ce qu’est « l’ordre » sur un alpage doit également être convenu avec les milieux de la protection du gibier et de la nature. Il n’est pas convenable que, d’une part, des contributions pour la biodiversité soient versées et que, d’autre part, des plantes précieuses soient traitées avec des produits chimiques, ce qui entraîne des dommages à la faune et à la flore, voire une pollution des eaux par des résidus. Et rien ne prouve que les alpages produisent plus de lait ou de viande grâce à l’utilisation d’herbicides.

Mise à jour 11.02.2022