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Cuivre

Le cuivre est problématique pour l’environnement ?

Le cuivre est un pesticide naturel dont l’agriculture suisse fait usage depuis plus de 100 ans. Il peut avoir des effets néfastes sur l’environnement (accumulation dans les sols et les eaux), mais les conséquences de l’utilisation du cuivre sont bien moins importantes que les problèmes causés par les produits phytosanitaires chimiques. L’agriculture d’aujourd’hui (biologique et conventionnelle) utilise du cuivre mais à des doses inférieures aux doses maximales admissibles.
Le développement de variétés de plantes résistantes ou tolérantes aux maladies représente une possibilité de réduction importante du recours au cuivre.
L’amélioration des techniques culturales permet également une diminution de l’emploi de cuivre dans les cultures.

Le cuivre, un problème du passé

Il ne faut pas discréditer le cuivre, qui est un oligo-élément indispensable à tous les êtres vivants. Le corps humain contient 150 mg de cuivre et les besoins quotidiens sont de 1 à 2 mg.

Le cuivre est souvent attaqué du fait de son caractère persistant notamment dans les sols. Il s’accumule effectivement dans les 10 premiers centimètres du sol et ne se dégrade pas, c’est normal puisque c’est un métal. Cependant, les quantités importantes de cuivre retrouvées dans certains sols viticoles sont surtout dues aux doses excessives utilisées dans les vignes depuis les années 1880 jusqu’aux années 1950 environ. Les vignes recevaient près de 50 kg de cuivre métal/ha/an, contre environ 3 kg/ha/an actuellement en moyenne. Les accumulations de cuivre dans le sol sont donc dues à des usages très anciens (et donc aux erreurs du passé) et non pas aux apports actuels.

Si l’on soupçonne qu’un sol a des teneurs élevées en cuivre en raison des apports excessifs d’autrefois, il faut avant tout lui fournir suffisamment de matière organique, ainsi que de la chaux s’il a tendance à s’acidifier. Il faut également faire en sorte que le sol ait une activité biologique élevée.

Avec les quantités utilisées actuellement, le cuivre dans le sol reste un problème, mais pas urgent. L’agriculture, tant bio que conventionnelle, cherche des moyens de s’en passer.

En tant que pesticide naturel, le cuivre n’est pas un problème pour l’agriculteur qui l’épand : Il y a toutefois un faible risque d’irritations oculaires et pulmonaires et de troubles digestifs mineurs.

De même, la concentration de cuivre dans les vins de vignes traitées avec du cuivre est normale et ne pose aucun problème.

Le cuivre est surtout utilisé en agriculture conventionnelle

Les milieux qui défendent le recours aux produits phytosanitaires de synthèse tirent à boulet rouge sur l’agriculture biologique, qui recourt au cuivre. Or environ 93 % du cuivre utilisé en Suisse l’est dans des cultures conventionnelles.
Les agriculteurs conventionnels apprécient donc également cette substance (voir la comparaison entre la viticulture conventionnelle et biologique, ci-dessous).

Cas de la betterave

De nombreuses variétés actuelles de plantes cultivées ont une sensibilité élevée aux maladies et aux ravageurs, et des produits phytosanitaires efficaces font défaut ou sont progressivement retirés à cause de leur dangerosité. (Cela changera à l’avenir, avec la sélection de variétés plus robustes). Actuellement, cela incite l’agriculture conventionnelle à envisager un recours accru au cuivre, par exemple sur la betterave à sucre pour lutter contre la cercosporiose.

Feuille de betterave atteinte de cercosporiose

Quantités de cuivre autorisées et quantités effectivement utilisées

Une enquête réalisée de 2009 à 2012 a montré que les paysans bio suisses utilisent en moyenne moins de cuivre que les quantités maximales autorisées.

La quantité moyenne de cuivre utilisée pour les pommes, toutes les espèces de petits fruits, les choux, les tomates, les concombres et les variétés résistantes de vigne, est inférieure à 1 kg/ha/an. Pour les poires, les abricots et les carottes, elle est comprise entre 1 et 2 kg/ha/an et pour les cerises, les pommes de terre, les céleris et les variétés de vigne européennes traditionnelles, elle est supérieure à 2 kg/ha/an. La quantité moyenne de cuivre utilisée est de 0,7 kg/ha/an sur les surfaces d’assolement et de 2,5 kg/ha/an sur les surfaces viticoles.

Un certain nombre de variétés de pommes de terre sont sensibles au mildiou
Le cuivre est utilisé pour lutter contre le mildiou.

Comparaison entre la viticulture conventionnelle et la viticulture biologique

Pour les viticulteurs biologiques, la lutte anti-mildiou se base sur le cuivre (et sur divers produits à base de plantes ou d’argiles dans des conditions de faible pression de la maladie). Comme le cuivre est limité à maximum 3 kg/ha et année dès 2022 pour les viticulteurs bio-Bourgeon, le positionnement (moment de l’application) est très important et particulièrement le positionnement de la 1ère intervention au cuivre. Les renouvellements des applications anti-mildiou se gèrent ensuite en fonction de la météo, de la pousse de la vigne et du risque de perte de récolte.

Selon des conseillers viticoles, les viticulteurs conventionnels et biologiques utilisent actuellement des quantités plus ou moins similaires de cuivre. Les viticulteurs biologiques utilisent en moyenne entre 1.5 et 2,5 kg de cuivre par ha, répartis en une dizaine d’applications avec des doses entre 100 à 200 g/ha par traitement. En conventionnel, le cuivre est souvent utilisé lors des 2 à 3 traitements de fin de saison, à des doses allant jusqu’à 1 kg de cuivre par traitement, ce qui représente en moyenne 2.5 kg de cuivre par hectare et par an. Des produits phytosanitaires de synthèse sont épandus en plus du cuivre.

La Confédération finance depuis quelques années une utilisation réduite du cuivre et autres pesticides dans la vigne. Certains vignerons PI/PER, et d’ailleurs quelques bios aussi, descendent sous les 1.5 kg/ha de cuivre par an pour toucher ces contributions.

Guide phytosanitaire Syngenta 2021 (viticulture page 62 : des produits de synthèse et aussi du cuivre)

Si on tient compte du fait que les quantités de cuivre effectivement utilisées en agriculture conventionnelle et en agriculture biologique sont comparables, l’abandon des produits phytosanitaires de synthèse ne provoquerait pas d’augmentation du recours au cuivre en Suisse.

Vignes et hélicoptère

Du cuivre et du soufre sont utilisés également dans les traitements des vignes par hélicoptère.
Pour les vignes conventionnelles, dans certains cas, des produits phytosanitaires de synthèse sont épandus par l’hélicoptère, ainsi que par les viticulteurs.

Mauvaise nouvelle : la plupart des plans de traitement des vignes par hélicoptère comprennent de nombreux pesticides de synthèse.

Exemple : le plan de traitement des vignes par hélicoptère pour les communes de Fully, Dorénaz, Saxon et Charrat en 2020 annonce 2.25 kg de cuivre/ha, du souffre et 8 fongicides de synthèse différents (Ridomil Vino, Vivando, Mikal, Sercadis, Pergado, Legend, Dynali et Filan).

Bonne nouvelle : certains plans de traitement par hélicoptère sont aujourd’hui sans produits de synthèse, montrant que les temps peuvent changer.

Exemple : les plans de traitement des vignes par hélicoptère pour les régions de Martigny, de Chamoson et du Valais central en 2020 annoncent en moyenne :
2.9 kg de cuivre métal/ha et 51 kg de soufre/ha, mais aucun produit de traitement de synthèse.

Enquête sur la viticulture biologique bio en 2020

Cette enquête, réalisée en Suisse romande en 2020 auprès de 58 viticulteurs cultivant selon les règles bio, montre entre autre, pour l’année 2020 :

  • qu’en moyenne 2.04 kg/ha de cuivre métal ont été utilisés ;
  • que seuls 5 % des viticulteurs interrogés ont utilisé plus de 3 kg/ha de cuivre métal (Dose maximale autorisée : 4 kg/ha).

Cette enquête montre que les producteurs interrogés ont utilisé le cuivre de façon très modérée.

Il faut également préciser qu’il y a eu en 2020 une faible pression du mildiou ; cela a contribué au fait que les doses de cuivre utilisées ont été plutôt modérées.

Dès 2022, la dose maximale de cuivre autorisée en viticulture pour le label Bourgeon de Bio Suisse est de 3 kg/ha. Pour les viticulteurs certifiés bio uniquement selon l’ordonnance bio de la Confédération (et donc sans label bourgeon), cette dose maximale reste inchangée à 4 kg/ha.

Possibilités de réduction du cuivre

Le développement de variétés de plantes résistantes ou tolérantes aux maladies représente une possibilité de réduction importante du recours au cuivre. Cela concerne par exemple la vigne et l’arboriculture. Mais le marché doit accepter de jouer le jeu de la vente de variétés parfois quelque peu différentes dans leur aspect ou leurs autres caractéristiques.

L’amélioration de certaines techniques culturales permet aussi une réduction du recours au cuivre : meilleure ventilation des serres maraîchères, meilleures techniques de pulvérisation, … Quelques produits de substitution permettent aussi une substitution du cuivre dans certains cas : par exemple le soufre, les argiles, le bicarbonate de potassium.

Le Cuivre reste toutefois difficile à substituer entièrement. D’intenses recherches scientifiques sont toutefois en cours pour trouver des alternatives au cuivre. Le FiBL annonce la mise sur le marché d’une alternative au cuivre pour 2025 au plus tôt. Il s’agit d’un produit naturel pour lequel une demande de brevet a été déposée en 2016 déjà.

Le FiBL a réussi avec des méthodes d’extraction spéciales à tirer de l’écorce du mélèze d’Europe une nouvelle matière active qui peut être utilisée contre différents champignons du mildiou. Après de nombreux tests, la matière active Larixol a été annoncée comme fongicide entièrement naturel aux autorités d’homologation.

Autres sources de cuivre dans l’environnement

Dans l’environnement, le cuivre ne provient pas seulement des produits phytosanitaires.

Dans l’agriculture, y a du cuivre qui provient des engrais de ferme, des engrais du commerce, des composts et des digestats issus de la fabrication de biogaz. La teneur en cuivre des engrais de ferme dépend directement de la teneur en cuivre de certains fourrages, par exemple les aliments pour porcelets qui sont enrichis en cuivre, mais ils en contiennent beaucoup moins actuellement qu’autrefois.

Le trafic routier (abrasion des pneus), les lignes électriques, les conduites d’eau potable et les toitures sont également des sources importantes de cuivre dans l’environnement.

Une partie du cuivre utilisé comme matériaux de recouvrement des toitures arrive dans les rivières.